23 juin 2006
À propos de l'égalité
On me demande, en commentaire de ce post déplorant l'utilisation de techniques discriminatoires pour lutter contre la discrimination sexiste, quels sont mes arguments, et surtout, quelles sont mes propositions pour faire avancer les choses.
Pour ce qui est des arguments, ils me paraissaient clairs : Ce n'est pas par la discrimination que l'on vaincra la discrimination, et surtout ce n'est pas en se séparant qu'on se rassemblera.
Maintenant il faut des propositions pour faire avancer les choses.
Le premier problème à régler se situe selon moi au niveau de l'éducation. Lorsqu'un enfant est éduqué selon le principe que les garçons jouent avec les camions et les filles avec des poupées, comment voulez vous qu'il n'aie pas de préjugés ? Partout, jusque dans les problèmes de maths, les caissières sont toujours des femmes, les mères font la cuisine et les pères lisent le journal, jusque dans les dictionnaires (Cherchons le mot poupée dans un dictionnaire. L'exemple est : Ursula joue à la poupée. Sautons à la définition de cuisinier : Pour la personne dont le métier est de faire la cuisine, c'est un homme dans l'example, mais pour celle qui sait faire la cuisine, c'est une femme.), jusque dans les discours des maîtres et maîtresse, on trouve une avalanche de clichés, de préjugés, qui nous sont inculqués inconsciemment et innocemment.
Il faut donc une vraie volonté qui part du ministère de l'éducation d'aller à contre courant de cette tendance. Il faut que l'IUFM fasse aussi des professeurs des écoles des missionnaires de l'égalité. À l'école, aujourd'hui, on éduque les enfants contre le racisme. On apprend à l'école les valeurs de la république. Ou du moins on devrait. Il faut maintenant qu'on apprenne à l'école l'égalité des sexes. Mais ça passe aussi par l'éducation des parents, chose plus difficile mais tout aussi nécessaire.
Un autre problème se situe au niveau de la religion. La religion chrétienne considère la femme comme inférieure à l'homme. Dixit une catholique : «franchement c'est con». Même chose dans le Judaïsme et l'islam.
Et là la solution est plus difficile à trouver. Car comment marier le respect de la religion et de la liberté de culte de chacun avec celui des valeurs de la république ? C'est là, je pense, toute la problématique de la laïcité. Et c'est une problématique complexe est difficile. (Il est d'autant plus difficile de s'exprimer sur ça pour un athée comme moi)
Le troisième problème, au moins aussi important, c'est le sexisme que j'appellerais «correct», qu'il soit innocent (comme dans le cas de l'humour sexiste) ou bien intentionné (comme les initiatives que je fustigeais dans le post sus-cité). C'est aussi les conneries comme la galanterie, le «on ne frappe pas les filles», et le sexisme anti-homme qui lui ne représente pas un si gros problème en lui même car il n'entraîne pas de discriminations de nature à aller au delà de lui même, des copinages et autres bêtises, mais qui est par contre un obstacle au rassemblement et à l'égalisation, bref à la mort du sexisme. Et là il n'y a pas de solution immédiate. La solution à long terme est bien sur celle que je citais précédemment, l'éducation. À court terme, on peut se contenter de fustiger le sexisme. Dans toutes ses formes. Mais ça va prendre du temps à faire bouger les choses.
Pour récapituler, je vois, en plus du sexisme caractérisé et ordurier, du machisme primaire et cætera, Il reste trois problèmes : l'éducation sexiste, la religion sexiste et le sexisme «correct». Et je n'y vois que deux solutions : Faire un effort d'éducation pour en éliminer le racisme banal, et fustiger toutes les formes de sexismes, même sympatiques ou bien intentionnées.
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